Pourquoi semer soi-même ?
Un sachet de graines coûte à peu près le prix d’un ou deux plants du commerce, et il contient de quoi en faire des dizaines. Semer soi-même permet aussi de choisir des variétés que les jardineries ne vendent pas en plants, et de semer au bon moment plutôt que d’acheter ce qu’il y a en rayon. Et il y a le plaisir de voir lever ce que l’on a mis en terre.
Tout ne se sème pas à l’intérieur. Les légumes-fruits qui aiment la chaleur (tomate, aubergine, poivron, courgette) gagnent à être semés sous abri en fin d’hiver. Les légumes-racines (carotte, radis, navet) se sèment directement au jardin : voyez plutôt le tutoriel Semer directement en pleine terre.
De quoi avez-vous besoin ?
Peu de choses, et presque tout se récupère (voyez Semer pour presque rien) :
- Un contenant percé au fond : godet, barquette, pot de yaourt, rouleau de papier toilette posé dans un bac. Sans trou, l’eau stagne et les graines pourrissent.
- Un terreau fin et léger, pauvre en engrais : le terreau à semis du commerce, ou un mélange maison (Fabriquer son terreau à semis).
- De la lumière : une fenêtre bien éclairée, sans courant d’air froid.
- Un arrosage doux : un pulvérisateur, ou un arrosoir à pomme fine.
- Des étiquettes : on croit se souvenir de ce qu’on a semé, jusqu’au jour où on ne reconnaît plus deux jeunes plants.
Choisir ses graines et son moment
Lisez le sachet : il indique en général la période de semis, la profondeur, l’espacement et la durée de la levée. Pour votre région, consultez aussi le calendrier des semis : un semis trop précoce donne des plants qui attendent trop longtemps à l’intérieur et filent faute de lumière.
Une règle simple : comptez environ six à huit semaines entre le semis sous abri et la plantation dehors pour la tomate, l’aubergine et le poivron, et remontez depuis la date des dernières gelées de votre région. Pour les cucurbitacées (courgette, concombre, courge), un mois suffit : elles grandissent vite.
Préparer le semis
- Remplissez vos contenants de terreau, sans tasser fort. Laissez environ un centimètre libre en haut pour l’arrosage.
- Humidifiez le terreau avant de semer, jusqu’à ce qu’il soit frais sans dégouliner. Une poignée serrée dans la main doit tenir ensemble sans laisser couler d’eau.
- Étiquetez : nom, variété, date du semis.
Semer étape par étape
La profondeur dépend de la taille de la graine : comptez environ deux à trois fois son épaisseur. Une graine minuscule (céleri, basilic, laitue) se pose en surface et se recouvre à peine ; une graine plus grosse (haricot, courge, pois) s’enfonce de deux à trois centimètres.
- Mettez deux ou trois graines par godet : toutes ne lèvent pas. Vous garderez le plant le plus vigoureux et couperez les autres aux ciseaux, au ras de la terre, sans les arracher.
- Recouvrez d’un peu de terreau et pressez du bout des doigts pour que la graine soit en contact avec la terre.
- Arrosez en pluie fine pour ne pas déplacer les graines.
Les fiches de chaque légume indiquent la profondeur et le délai de levée : par exemple la tomate ou le poivron.
Arroser et surveiller la levée
Le terreau doit rester humide, jamais détrempé. Une graine qui sèche pendant sa germination meurt ; une graine qui baigne pourrit.
- Gardez au chaud : la plupart des légumes lèvent mieux vers 18 à 22 °C ; les tomates, aubergines et poivrons apprécient un peu plus de chaleur.
- Couvrez d’un film ou d’un couvercle transparent jusqu’à la levée pour garder l’humidité, mais aérez chaque jour quelques minutes pour éviter les moisissures (Fabriquer une mini-serre).
- Dès que les premières pousses apparaissent, retirez le couvercle et rapprochez les plants de la lumière.
Si rien ne lève au bout du délai habituel, avant de recommencer, consultez Pourquoi vos semis échouent.
Repiquer et durcir les plants
Quand les plants ont leurs deux premières vraies feuilles (celles qui ressemblent à la plante adulte, après les deux feuilles rondes du départ), vous pouvez les repiquer, si vous en avez semé plusieurs par godet ou en barquette : prenez-les par une feuille, jamais par la tige, et replantez-les dans un godet individuel, un peu plus profond.
Une à deux semaines avant la plantation, habituez-les progressivement à l’extérieur : une heure ou deux dehors à l’abri du vent le premier jour, puis un peu plus chaque jour, avant de les laisser dehors la nuit. Sans cette étape, un plant élevé à l’abri peut jaunir ou brûler au premier grand soleil ou au premier vent.
Planter en pleine terre
Attendez que les gelées soient passées pour les plants frileux : pour la tomate, le repère traditionnel est la mi-mai en climat océanique (voyez la fiche de chaque légume et la zone climatique de votre région).
- Arrosez les plants dans leur godet la veille.
- Creusez un trou assez large, plantez à la même hauteur que dans le godet (la tomate, elle, se plante plus profond).
- Tassez doucement, arrosez abondamment, puis paillez pour garder l’humidité.
Les erreurs fréquentes
- Semer trop tôt : les plants s’étiolent à l’intérieur et souffrent à la plantation.
- Semer trop profond : la graine s’épuise avant d’atteindre la lumière.
- Trop arroser : pourriture des graines, moisissures, fonte des semis.
- Manquer de lumière : des plants longs, pâles et couchés (des plants « filés »).
- Oublier les étiquettes.
- Planter dehors sans transition.
À retenir
- Un contenant percé, un terreau fin et pauvre, de la lumière : c’est l’essentiel.
- Profondeur : deux à trois fois l’épaisseur de la graine, la surface pour les graines minuscules.
- Humide, jamais détrempé ; aérer tous les jours sous couvercle.
- Repiquer aux deux premières vraies feuilles, durcir une à deux semaines avant de planter.
- Notez vos dates : d’une année à l’autre, c’est ce qui vous fera progresser.