Ce que réclame un bon terreau à semis
Une graine contient déjà sa réserve de nourriture : elle n’a pas besoin d’un sol riche pour germer. Elle a besoin d’un support :
- fin, pour que les petites racines s’y glissent et que les graines minuscules soient bien en contact avec la terre ;
- léger et aéré, pour que l’eau s’écoule et que l’air circule ;
- frais sans être détrempé ;
- pauvre en engrais : un sol trop riche ou un compost pas mûr peut « brûler » les jeunes racines et favoriser les moisissures.
Les ingrédients
Le principe est de mélanger trois sortes de matières :
- De la matière organique fine : du compost bien mûr (il doit sentir la forêt, sans qu’on y reconnaisse les déchets d’origine) ou du terreau de feuilles très décomposées.
- De la terre de jardin : saine, sans cailloux, sans fumier frais. Elle apporte de la tenue.
- Un matériau aérant : du sable de rivière propre (non salé), ou de la fibre de coco, ou de la vermiculite.
Un point de départ courant : des parts égales des trois, à ajuster. Plus de matière organique pour un mélange plus riche (pour le repiquage), plus de sable pour un mélange plus léger (pour les graines les plus fines).
Tamiser, c’est l’étape importante
Passez chaque ingrédient séparément dans un tamis à maille de quelques millimètres : un grillage fin posé sur une brouette ou un cadre en bois convient. Mettez de côté les gros morceaux : ils retourneront au compost ou au pied d’une plante adulte.
Un mélange non tamisé est plein de mottes qui empêchent les fines graines de germer régulièrement.
Mélanger et humidifier
- Versez les trois ingrédients tamisés sur une bâche et mélangez à la pelle, puis à la main, jusqu’à obtenir une couleur uniforme.
- Humidifiez un peu, par petits arrosages, en mélangeant. Il doit former une boule qui se tient quand on le serre, sans qu’une goutte ne s’en échappe.
- Laissez reposer quelques jours dans un seau fermé, pour que l’humidité se répartisse.
Tester le mélange avant d’y semer vos graines rares
Semez dans un godet de ce mélange des graines qui lèvent vite et sans difficulté : radis, cresson, laitue. Si elles lèvent régulièrement en quelques jours et que les jeunes plants restent verts et vigoureux, votre mélange est bon. S’ils jaunissent, s’il apparaît du duvet blanc, ou si rien ne lève, le mélange est trop riche, trop humide ou contaminé : refaites-en un plus pauvre et plus sableux.
Pour les graines fines et les graines grosses
- Graines fines (céleri, basilic, aubergine, poivron, tomate) : mélange très fin, bien tamisé, et une mince couche de sable ou de terreau fin en surface.
- Grosses graines (haricot, courge, pois, fève, maïs) : tout mélange léger convient, même un peu plus grossier ; elles ont assez de réserves.
Erreurs à éviter
- Compost pas mûr : il chauffe et brûle les racines. Si on y reconnaît encore des épluchures, laissez-le mûrir.
- Terre de jardin lourde et argileuse non allégée : elle se tasse et forme une croûte.
- Mélange détrempé : il favorise la fonte des semis.
- Réemployer un terreau qui a porté des plants malades : choisissez un mélange neuf ou de la terre saine.
- Terre de jardin d’une planche où des tomates ont eu des maladies : prenez-la ailleurs.
À retenir
- Un terreau à semis est fin, léger et pauvre.
- Trois parts : matière organique mûre, terre saine, sable ou fibre.
- Tamisez tout : c’est ce qui fait la différence.
- Testez sur des graines faciles (radis, cresson) avant de semer des graines précieuses.
- Un mélange plus riche ne convient qu’au repiquage, pas à la germination.